Fonds d’aide d’urgence COVID-19 ENAC : un élan de solidarité sans précédent

En septembre 2020, le Fonds de dotation a lancé un appel à la solidarité auprès de la communauté des diplômés de l’ENAC afin de constituer un Fonds d’aide d’urgence COVID-19, destiné à venir en aide aux élèves dont les situations sociales et financières ont été les plus affectées par la crise sanitaire. Cet appel a donné lieu à un élan de générosité sans précédent, permettant au Fonds de venir en aide à 17 bénéficiaires pour un montant total de plus de 24 000€, complétés par 4 000€ de dons du GIFAS.

Ces aides, attribuées tout au long de l'année universitaire 2020-2021, ont notamment permis à leurs bénéficiaires de faire face à des baisses brutales de revenus familiaux et de manière générale à des situations de précarité. Une attention particulière a été portée à la prévention des risques de décrochage scolaire liées aux conditions matérielles des élèves, en particulier en cas de matériel défaillant ne permettant pas de suivre correctement les enseignements à distance imposés par les mesures sanitaires en vigueur. Le jury d'attribution a fait face à des situations très hétérogènes et parfois très complexes, et ce n’est que grâce à l’aide des services sociaux de l’ENAC et de sa Direction des Etudes et de la Recherche que ce Fonds d’aide d’urgence a pu être mis en œuvre.

Les aides ont été attribuées selon quatre catégories :

  • Aide alimentaire, de santé, au logement et à l'achat de biens et de mobilier de première nécessité
  • Prévention des risques de décrochage scolaire et de fracture numérique (notamment en cas de matériel informatique défaillant ne permettant pas de suivre correctement les enseignements)
  • Baisse brutale des revenus familiaux
  • Annulation de stages ou d'expériences professionnelles rémunérées (constituant un manque à gagner important et provoquant une situation de précarité pour l'élève)

Témoignages de bénéficiaires

Les bénéficiaires ont souhaité exprimer leur gratitude à l’égard de leurs donateurs au travers de témoignages dont nous vous proposons ici quelques extraits.

Pour Jeanne, élève ingénieure, comme pour de nombreux élèves, la crise sanitaire a provoqué l’annulation de nombreux stages et expériences professionnelles rémunérées. Elle témoigne : « Dans ce contexte difficile, il m’a été impossible de trouver un stage dans le milieu aéronautique. Ainsi, après de longues recherches, j’ai pu avoir des propositions de stages pour cet été qui n’étaient pas rémunérés mais que je ne pouvais refuser. Ce sera pour moi l’occasion d’effectuer mes « premiers pas » au sein de ce milieu qui me passionne tant et qui sera probablement l’objet de mon avenir proche. Cette aide me permettra de subvenir à mes besoins et ainsi d’appréhender de façon plus sereine la période de stages de cet été. Je ne peux que remercier les donateurs pour leur soutien qui nous aide énormément aussi bien financièrement que moralement. En effet, il est motivant de savoir que des gens sont prêt à nous aider. J’aime beaucoup l’entraide qui règne au sein du réseau de l’ENAC et j’espère qu’un jour je pourrai également aider de futurs ingénieurs ENAC tout comme j’ai pu être aidée. »

Afsaneh est élève ingénieure d’origine iranienne. Rêvant de travailler dans l’aéronautique, elle a décidé d’étudier en France avec le soutien de son père agriculteur car « Il n’y a pas de place pour les femmes dans l’industrie aéronautique » en Iran. Après son arrivée en France, son père a été atteint d’une forme grave du COVID-19, et son exploitation agricole mise en péril. La recherche d’un emploi rémunéré d’Afsaneh n’a par ailleurs pas pu aboutir à cause d’un contexte économique défavorable. « Mes remerciements ne pourront jamais égaler la générosité dont vous avez fait preuve. Vos aides étaient comme un véritable cadeau pour moi. Je vous en suis reconnaissante du fond du cœur ».

Jules, élève ingénieur ENAC, a vu la situation de ses parents se dégrader brutalement. Ces derniers, restaurateurs de profession, n’étaient plus en mesure de subvenir à ses besoins : « L’affaire de mes parents marchait bien et étant fils unique, ils pouvaient m’aider pour mes frais. Ils voyaient enfin le bout du tunnel après des années de travail pour amortir leur hôtel-restaurant (qu’ils géraient à deux). Mais la crise du Covid les a contraints à  fermer durant tout l’hiver, une saison importante lorsqu’on est situé dans une station de ski. Ils ont donc subi des grosses pertes et sans les aides de l’Etat, ils auraient fait faillite et auraient perdu tout ce qu’ils avaient construit pendant plus de 15 ans. C’est pourquoi j’ai été particulièrement soulagé d’avoir eu la chance d’obtenir cette aide. Cela va me permettre de décharger mes parents de certains de mes frais ».

Khaled, élève libanais en Master IATOM, a été triplement affecté, à la fois par les conséquences du COVID-19, par la crise économique au Liban et par l’explosion du port de Beirut. Il témoigne : « Covid-19 had tremendously affected our career, especially mine, during my search for an internship which lowered the possibility of getting an internship and plus the financial benefit were cut in half for most of the interns in an aviation company. In addition, During the 2020 Beirut blast, I have been affected where my renting house was damaged and there were no insurance companies covering such a hazardous blast so I had to pay 50% of the cost. […] You can't imagine how those funds helped us in continuing in what we love and seeking for success. I truly thank you from my bottom of my heart and I hope someday I can return the favor by joining the community and helping other young aviation lovers ».

Vincent, élève ingénieur, a pu quant à lui renouveler son ordinateur défaillant, à l’heure où la majorité des cours avaient lieu en distanciel. Le risque de fracture numérique était doublé par celui de l’endettement : « Grâce au Fonds de dotation, j’ai pu amortir cette dette et soulager mes parents sur le plan financier. Aujourd’hui j’écris ce mail avec mon nouvel ordinateur et je tiens à remercier vraiment du fond du cœur l’ensemble des donateurs pour leur générosité. Les cours vont bientôt reprendre et je vais aborder cette rentrée l’esprit tranquille avec un ordinateur pour travailler et pas de dette à combler, ce qui est vraiment une chance ». Alexandre, élève ingénieur dans la même situation, devait effectuer un stage non rémunéré nécessitant des outils informatiques puissants donc coûteux. « Je n'aurais pas pu être en mesure de mener à bien ce stage sans cette aide qui m'a permis d'acheter un ordinateur suffisamment puissant. Sans cette aide, je ne pense pas non plus que j'aurais pu effectuer dans les meilleures conditions le master en recherche opérationnelle qui commencera l'année prochaine ».

L.C, élève d’origine équatorienne, a rejoint le master IATOM en 2020 avec le soutien de ses parents, brutalement touché par la crise sanitaire et financière. Ces derniers ont malgré tout réussi à soutenir leur fille et l’ont encouragée à continuer son diplôme en réduisant drastiquement leurs dépenses de vie courante. Néanmoins, la crise à rendu la situation de L.C très difficile, menaçant sa capacité à couvrir ses frais de subsistance : « Je traversais une période très stressante, car j'avais des problèmes financiers en tête en plus du travail que je devais fournir pour mon Master. Lorsque j'ai appris que j'avais été sélectionnée comme bénéficiaire, j'étais tellement heureuse et reconnaissante que je n'arrivais pas à y croire… J'ai même vérifié l'e-mail plusieurs fois pour m'assurer que je l'avais bien lu. Je tiens à vous remercier pour votre générosité et je sais que votre aide a été utilisée à bon escient. Mes remerciements ne pourront jamais égaler les grands cœurs de ceux qui ont rendu possible le fonds d’aide d'urgence - vous êtes des anges gardiens ! Encore merci ! »

Pour T.P., élève ingénieur d’origine ivoirienne : « Comme vous le savez, la crise du COVID19 a fortement impacté l'économie de certains pays comme le mien. Je n'arrivais donc pas à percevoir depuis des mois la bourse qui m'était attribuée par l’Etat ivoirien. Les conditions financières difficiles impactaient fortement mes études, ma santé et me poussaient à contracter des dettes auprès de certaines personnes afin de subvenir à mes frais de subsistances. Moralement, j'étais abattu. Heureusement pour moi, j'ai pu bénéficier de l'aide d'urgence mis en place par l'ENAC et constituée de vos dons. Grâce à vous, j'ai pu solder toutes ces dettes, me soigner et garder une partie de cet argent pour subvenir à mes besoins. Sans cette aide, j'aurai certainement connu un échec scolaire ».